mercredi 31 décembre 2014

Misery - Stephen King


Edition : Le Livre de Poche
391 pages

Synopsis

Misery, c'est le nom de l'héroïne populaire qui a rapporté des millions de dollars au romancier Paul Sheldon. Après quoi il en a eu assez et il a fait mourir Misery pour écrire enfin le "vrai" roman donc il rêvait.
Mais il suffit de quelques verres de trop et d'une route enneigée, dans un coin perdu, pour que tout bascule…
Lorsqu'il reprend conscience, Paul est allongé sur un lit, les jambes broyées dans l'accident. Sauvé par une femme, Annie.
Une admiratrice fervente.
Qui ne lui pardonne pas d'avoir tué Misery.
Et le supplice va commencer. Sans monstres ni fantômes, Stephen King, au sommet de sa puissance, nous enferme ici dans le plus terrifiant huis clos qu'on puisse imaginer.

Mon avis

Paul Sheldon a tué avec plaisir Misery, l'héroïne dont raffole la gent féminine, et cela pour pouvoir se consacrer au livre de ses rêves. Mais alors qu'il fête l'accomplissement de ce rêve, la fin de l'écriture de ce nouveau roman, sa vie va complètement changer. Après un accident de la route, Paul va être recueilli par son admiratrice numéro un : Annie. Et c'est ainsi que l'horreur commence...

Dès les premières lignes de ce roman, Stephen King nous annonce la couleur : pour Paul, l'enfer est proche ! On se doute, on comprend le calvaire que va devoir endurer Paul. On ne comprend pas encore comment il s'est retrouvé dans ce pétrin mais l'horreur à venir est palpable. Paul blessé, il est complètement à la merci d'Annie.

Concernant les personnages, je n'ai pas grand chose à dire concernant Paul. Grande victime dès le départ, il se laisse fortement malmener par Annie mais peut-on vraiment le lui reprocher ? On sent qu'il essaie de résister de son mieux au début mais l'instinct de survie prend ensuite le dessus et il fait ce qu'il peut pour tout simplement rester en vie. Mais à côté de lui, il y a Annie. Annie, l'admiratrice numéro un. Annie, l'ancienne infirmière aux petits soins pour son blessé. Annie, la cinglée qui a un lourd passé. Concernant ce passé, Stephen King nous laisse dans le flou durant une bonne partie de l'histoire, jouant avec notre curiosité malsaine. On se doute que c'est terrible, mais quoi ?!

J'ai trouvé que, dans cette histoire, c'était finalement Annie le personnage principal et non Paul. Bien que l'on soit rempli d'empathie pour lui, c'est sur Annie que l'on se concentre, sa folie parfois teintée d'une grande logique étant réellement au centre de l'horreur. Causant au départ uniquement de la torture psychologique à Paul, la folie d'Annie va prendre petit à petit de l'ampleur. Et l'escalade commence... Jusqu'à atteindre un point de non-retour. Le pire est qu'Annie est convaincue d'avoir sauvé Paul et qu'il doit lui être redevable. Elle arrive d'ailleurs à le rendre responsable de tout ce qui lui arrive, au point que la culpabilité ronge petit à petit sa victime.

Pour tout dire, ce qu'il y a vraiment d'angoissant avec cette histoire, ce ne sont pas les scènes de tortures physiques et psychologiques. Ce qui est angoissant, c'est que Stephen King n'a aucunement recours au surnaturel. J'ai passé la plupart du temps à me dire que cela pourrait être vrai, qu'après tout nous ne sommes jamais à l'abri de rencontrer la route d'un cinglé.

J'ai beaucoup aimé la façon qu'avait l'auteur d'intégrer l'histoire de Misery à l'intrigue. Annie n'étant pas d'accord sur la mort de Misery, elle va forcer Paul à écrire Le Retour de Misery. Cette histoire annexe n'étant au départ qu'une raison de justifier le comportement d'Annie, elle va prendre progressivement de l'importance. Échappatoire pour Paul mais aussi moyen de pression sur Annie, c'est avec plaisir que l'on lit quelques chapitres de cette nouvelle supplémentaire.

En conclusion, j'ai beaucoup aimé ce roman qui m'aura fait frissonner tout du long et dont le suspense est sans faille jusqu'au bout du récit. J'ai apprécié aussi cette petite analyse du comportement des lecteurs et de l'affection démesurée qu'ils pouvaient parfois porter aux personnages de fiction. De même, il est possible d'observer dans ce roman une critique de la notion de prostitution littéraire dont font preuve certains auteurs, coincés par le succès d'un livre et qui se voient parfois "forcés" d'écrire des suites alors qu'ils préféreraient se concentrer sur d'autres projets sans doute moins lucratifs.

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